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En
2003, la population des États-Unis était estimée à
290,3 millions d'habitants (3e rang
mondial). La société américaine se caractérise par
son caractère pluriethnique, par une forte mobilité
spatiale et par un niveau de vie parmi les plus
élevés de la planète. Elle est toujours affectée par
d’importants clivages sociaux et ethniques. Les
grands problèmes sociaux sont aujourd’hui
l’insuffisance de la protection sociale, un chômage
chronique et une grave crise urbaine (pauvreté,
criminalité, ghettos ethniques).
Démographie
La population américaine a connu, pour la période
1990-1995, un taux d’accroissement de 10 p. 1 000
par an, dont les deux tiers reviennent à
l’accroissement naturel (6 p. 1 000 par an). Le taux
de natalité, estimé à 14,7 p. 1 000 pour la période
1995-2000, a fortement baissé depuis la période du
baby-boom (1947-1961), caractérisée par une natalité
élevée (24 p. 1 000) et une croissance annuelle de
15 à 20 p. 1 000. Le taux de mortalité est
aujourd’hui très faible (8,4 p. 1 000).
L’immigration (500 000 à 800 000 entrées annuelles
autorisées), thème politique de nouveau sensible
depuis 1980, représente le tiers de la croissance
démographique annuelle, et sans doute beaucoup plus
si l’on intègre l’immigration clandestine (estimée à
1 million d’entrées par an).
La
population américaine vieillit mais reste
relativement jeune par rapport aux autres pays
développés, avec un indice de fécondité de 2 enfants
par femme en 1998. L’âge médian est passé de 30 ans
en 1980 à 32,9 ans en 1990. Le nombre des individus
âgés de moins de 15 ans (22 p. 100 de la population)
a décru d’environ 0,9 p. 100 entre 1970 et 1990.
Celui des personnes âgées de 65 ans et plus
(12 p. 100 de la population) a, quant à lui,
augmenté de 55,6 p. 100. L’espérance de vie était
estimée à 77,4 ans en 1998.
Les
structures familiales, en constante évolution,
traduisent les mutations socio-économiques. L’âge
moyen du premier mariage est de plus en plus tardif
(25,5 ans pour les hommes, 23,7 ans pour les
femmes). Le taux de nuptialité diminue : il est
passé de 10,8 p. 1 000 en 1970 à 9,7 p. 1 000 en
1990. Après une forte hausse et un taux record
atteint en 1981, le taux de divorces tend
aujourd’hui à diminuer. Le nombre de couples non
mariés a quasiment doublé entre 1980 et 1990, tandis
que celui des familles monoparentales a
littéralement explosé, avec une progression de
242 p. 100 entre 1970 et 1990. Les naissances hors
mariage représentent aujourd’hui 30 p. 100 du total
annuel contre 11 p. 100 en 1970.
La
densité moyenne de population aux États-Unis est
très faible (30 habitants au km²). Ce chiffre masque
toutefois une répartition fort inégale. En 1990, les
cinq États les plus peuplés étaient la Californie
(29,7 millions d'habitants),l’État de New York
(17,9 millions), le Texas (16,9 millions), la
Floride (12,9 millions) et la Pennsylvanie
(11,8 millions). Sept États avaient une population
inférieure à 1 million d’habitants : le Montana, le
Dakota du Sud, le Delaware, le Dakota du Nord, le
Vermont, l’Alaska et le Wyoming, qui constitue
l’État le moins peuplé avec 453 000 habitants.
En
1990, le Sud et l’Ouest rassemblaient 138,2 millions
d’habitants, soit plus de la moitié de la population
totale. Ils sont aujourd’hui plus peuplés que le
Nord-Est, centre historique du peuplement et de la
révolution industrielle. Depuis les années 1970, on
observe un déplacement du centre de gravité du pays
depuis le Nord-Est vers le Sud-Ouest. Ce sont en
effet les États de l’Ouest et du Sud qui
enregistrent, aujourd’hui, la plus forte progression
démographique. Ainsi, 54,3 p. 100 de la croissance
démographique nationale, entre 1980 et 1990, s’est
faite au bénéfice des trois États de Californie, de
Floride et du Texas. Le Nevada a enregistré le taux
de croissance le plus important (42 p. 100), la
Floride, l’Alaska et l’Arizona atteignant plus de
30 p. 100.
Les
déclins ou stagnations s’observent dans les États et
les grandes villes du Nord-Est (New York), de la
région des Grands Lacs et des Grandes Plaines
centrales et septentrionales. Un certain nombre
d’États y enregistrent une baisse de population
(Iowa, Virginie-Occidentale, Dakota du Nord,
Wyoming) ou bien une croissance nulle (Pennsylvanie,
Illinois, Ohio, Michigan, etc.). La population de
certaines grandes villes, comme Chicago, Cleveland,
Philadelphie ou Detroit, a sensiblement chuté entre
1980 et 1990.
Les
migrations interrégionales traduisent, depuis
plusieurs générations, l’attraction des États de la
Sunbelt (« Ceinture du Soleil ») et la répulsivité
(relative) des vieilles régions industrielles et
urbaines du Nord-Est (Manufacturing Belt), désormais
baptisées Frost Belt (« Ceinture du froid »). La
crise économique, particulièrement vive dans la
Manufacturing Belt, conjuguée à des conditions de
vie souvent médiocres (climat pénible, pollution,
congestion urbaine, criminalité), explique, en effet,
qu’un bon nombre d’Américains du Nord-Est et de la
région des Grands Lacs émigrent vers les régions du
Sud ou de l’Ouest, plus attirantes et aux conditions
de vie plus clémentes, notamment pour les retraités.
Ces évolutions dans la répartition spatiale de la
population conditionnent directement la composition
de la Chambre des représentants, la Californie, le
Texas et la Floride détenant à eux seuls le quart
des sièges.
Population - Diversité ethnique
Le melting-pot (« creuset ») américain a bien
fonctionné et fonctionne toujours, mais il n’aboutit
pas pour autant à l’assimilation ou à l’homogénéité
de la population. Les minorités sont, dans
l’ensemble, économiquement et socialement
défavorisées. Les différentes communautés conservent
leurs spécificités culturelles et de graves
rivalités les opposent (comme en témoignent les
émeutes de Los Angeles en 1992). Le recensement de
1990 montre un renforcement notable des minorités
ethniques, notamment hispaniques et asiatiques, et
une diminution de la majorité blanche. Entre 1980 et
1990, ces minorités ont enregistré un taux de
croissance très supérieur à la moyenne nationale
(9,8 p. 100) : 14,2 p. 100 pour les Noirs, 50 p. 100
pour les Amérindiens, 58 p. 100 pour les Hispaniques
et 108 p. 100 pour les Asiatiques. Elles se
caractérisent également par leur concentration
géographique dans les grandes métropoles (New York,
Los Angeles) et les États de la Sunbelt.
La
communauté blanche non hispanique, descendant des
anciennes vagues d’immigration européenne, reste
très fortement majoritaire, mais connaît une baisse
relative par rapport à la population totale
(76,6 p. 100 en 1980, 74,9 p. 100 en 1990). Les
descendants de la première grande vague
d’immigration, anglo-saxonne et germanique,
antérieure à 1890, constituent la majorité WASP
(White Anglo-Saxon Protestant). C’est la
communauté présentant la population la plus âgée (âge
médian : 34,4 ans) et le taux de natalité le plus
faible. Sa croissance démographique, aujourd’hui
essentiellement naturelle, est moins rapide que
celle des minorités, dont la natalité élevée est
renforcée par une immigration venue d’Asie et
d’Amérique latine. Les États où la communauté
blanche représente le plus fort pourcentage sont le
Maine (98 p. 100), le Vermont (98,6 p. 100) et le
New Hampshire (98 p. 100).
Les Noirs américains constituent la
minorité la plus nombreuse. Ils représentaient
12,3 p. 100 de la population totale en 1990
(11,7 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre était
estimé à 31,4 millions. Leur taux de natalité est
élevé, et ils sont inégalement intégrés dans la
société américaine. Ce sont les descendants des
esclaves africains, emmenés de force d’Afrique vers
le sud des États-Unis par les planteurs de coton et
de tabac, et dont l’émancipation ne fut proclamée
qu’en 1865. Longtemps confinés dans les campagnes du
Sud, ils ont connu, avec les transformations
économiques de la première moitié du
XXe siècle,
une immigration massive vers les grandes cités
industrielles du Nord-Est, où ils constituèrent un
prolétariat urbain. Ils furent les premiers frappés
par la crise des industries traditionnelles du
Nord-Est, amorcée dans les années 1970. Beaucoup
participent à un mouvement de retour vers le sud, en
direction des grandes villes (Houston, Atlanta,
La Nouvelle-Orléans). Aujourd’hui, ils constituent
une part importante de la population des États du
Sud-Est (35 p. 100 dans le Mississippi, 32 p. 100 en
Louisiane, 25 p. 100 en Géorgie) et des grandes
villes, où ils sont parfois majoritaires (66 p. 100
de la population à Washington). Toutefois, les plus
importantes communautés noires se situent dans les
États de New York (2,8 millions), de Californie
(2,2 millions) et du Texas (2 millions). Cette
population jeune (âge médian : 28,1 ans) et
essentiellement urbaine, vivant dans les quartiers
dégradés des centres-ville, est en grande partie
touchée par la pauvreté, un taux de chômage élevé
(le double de celui des Blancs), une sous-qualification,
un retard scolaire chez les jeunes, une forte
délinquance juvénile et adulte. Les ghettos noirs
(Harlem à New York, Loop à Chicago, Watts à
Los Angeles) sont aujourd’hui le symbole de
l’Amérique paupérisée.
Les
Hispano-Américains représentaient 9 p. 100 de la
population totale en 1990 (6,4 p. 100 en 1980). En
1992, leur nombre était estimé à 24,2 millions. Ils
constituent la communauté la plus jeune (âge médian :
25,5 ans). Environ 65 p. 100 d’entre eux vivent en
Californie, au Texas, à New York et en Floride.
Minorité montante, ils représentent aujourd’hui plus
du quart de la population de la Californie et du
Texas, et 38 p. 100 de celle du Nouveau-Mexique.
Descendants des anciens colons mexicains (Hispanos)
ou immigrants récents (Chicanos), la
communauté hispanophone est très hétérogène. Les
Mexicains sont de loin les plus nombreux
(60 p. 100). Beaucoup d’entre eux sont entrés
clandestinement aux États-Unis, en franchissant à la
nage le Rio Grande (d’où leur nom de Wet Backs, ou
Dos mouillés). Installés dans le Sud-Ouest (Californie,
Texas, Nouveau-Mexique), ils constituent une main-d’œuvre
docile, sous-qualifiée et mal rémunérée, exploitée
par des employeurs souvent peu scrupuleux. Les
Portoricains (2,5 millions), qui sont citoyens
américains, peuvent s’installer librement aux
États-Unis. Ils résident principalement à New York
(10 p. 100 de la population). Souvent mal adaptés,
ils connaissent des problèmes similaires à ceux des
Noirs. Les Cubains, réfugiés politiques
anticastristes (voir Cuba), se concentrent en
Floride (Miami), où ils s’intègrent pour la plupart
à la classe moyenne.
Les
Asiatiques représentaient 3 p. 100 de la population
en 1990 (1,5 p. 100 en 1980). En 1992, leur nombre
était estimé à 8,2 millions. Les Chinois, les
Philippins et les Japonais, implantés depuis
longtemps aux États-Unis, sont rejoints en cette fin
de siècle par un nombre croissant de Coréens,
d’Indiens et de Vietnamiens. Près de 50 p. 100
d’entre eux résident à Hawaii et en Californie
(Chinatown, à San Francisco). Beaucoup vivent
également dans les États de New York et du
New Jersey. Ils constituent le groupe ethnique le
plus âgé après la communauté blanche (âge médian :
29,8 ans).
Les
Amérindiens (2 millions) représentaient 0,8 p. 100
de la population en 1990. En 1992, leur nombre était
estimé à 2,1 millions. Ils forment une minorité
fondée sur la terre et leurs réserves constituent
2,5 p. 100 du territoire national. Regroupés pour la
majorité en tribus, ils ont en commun d’avoir été
progressivement décimés, refoulés, spoliés de leurs
terres et finalement parqués dans des réserves (Sud-Ouest,
nord des Grandes Plaines) au fur et à mesure de la
colonisation européenne. Près de la moitié d’entre
eux vivent dans l’Ouest (Arizona, Oklahoma). Leur
situation est diverse. Certains connaissent une
relative aisance grâce à l’exploitation de leurs
forêts (Nez-Percés), d’autres une réelle prospérité
grâce aux revenus de leurs richesses minières
(Osages de l’Oklahoma, Navajos) ; beaucoup cependant
demeurent très défavorisés. Citoyens de seconde
zone, affectés par des taux de chômage supérieurs à
50 p. 100 et souvent ravagés par l’alcool, ils
connaissent une grande misère morale, culturelle et
matérielle. Leur forte natalité s’accompagne
aujourd’hui d’une affirmation de l’identité
amérindienne.
Population - Histoire du peuplement
L’histoire du peuplement
du continent nord-américain est indissociable de
celle de l’immigration, les autochtones (Amérindiens,
Inuits, Aléoutes) ne constituant plus, aujourd’hui,
qu’une infime minorité de la population. Depuis
l’arrivée des premiers colons européens, au
XVIe siècle,
plus de 50 millions d’immigrants se sont installés
aux États-Unis. Jusqu’en 1940, la quasi-totalité des
immigrés vient d’Europe. Peu nombreux jusqu’aux
années 1830, ceux-ci arrivent massivement à partir
de 1840-1850. D’abord anglo-saxonne, l’immigration
s’élargit, dans le dernier quart du
XIXe siècle,
aux pays de l’Europe méditerranéenne (Italiens
surtout) et de l’Europe centrale. Plus de
23 millions d’immigrants affluent entre 1880 et
1920.
À
partir des années 1920, les États-Unis, désireux de
mettre un frein à l’immigration, établissent un
système de quotas. La crise économique des années
1930 ne fait que renforcer cette tendance. Une
nouvelle forme d’immigration se développe après la
Seconde Guerre mondiale (réfugiés politiques
d’Europe de l’Est, Cubains anti-castristes à partir
de 1960, boat people indochinois après 1974).
Aujourd’hui, l’immigration provient essentiellement
des pays du tiers-monde : Latino-Américains (Mexicains
surtout) et Asiatiques (Coréens, Philippins,
Vietnamiens). Dans les années 1990, un nouveau
courant migratoire s’est développé en provenance des
anciens pays de l’Europe communiste. L’immigration
clandestine est probablement plus importante,
aujourd’hui, que l’immigration légale. Elle a encore
augmenté depuis 1990, en raison de la crise
économique que traverse l’Amérique latine. Plus de
la moitié des clandestins viennent en effet du
Mexique.
Découpage administratif et villes
principales - Découpage administratif
Les États-Unis sont une république fédérale formée
de 50 États et d’un district fédéral (District de
Columbia), comprenant la capitale fédérale,
Washington : Alabama, Alaska, Arizona, Arkansas,
Californie, Caroline du Nord, Caroline du Sud,
Colorado, Connecticut, Dakota du Nord, Dakota du Sud,
Delaware, Floride, Géorgie, Hawaii, Idaho, Illinois,
Indiana, Iowa, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maine,
Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota,
Mississippi, Missouri, Montana, Nebraska, Nevada,
New Hampshire, New Jersey, New York, Nouveau-Mexique,
Ohio, Oklahoma, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island,
Tennessee, Texas, Utah, Vermont, Virginie,
Virginie-Occidentale, Washington, Wisconsin,
Wyoming. Presque tous les États américains sont
divisés en comtés, à l’exception de la Louisiane,
divisée en paroisses.
Découpage administratif et villes
principales - Villes principales
En 2001, le taux de
population urbaine s’élevait à 77 p. 100 de la
population totale. Trois constats ressortent du
recensement de 1990 : entre 1980 et 1990, la
croissance démographique s’est faite au profit des
villes de la Sunbelt (États du Sud et de l’Ouest)
notamment les banlieues des grandes métropoles, à
l’image de Los Angeles, qui a gagné 3 millions
d’habitants. Les États-Unis se caractérisent par un
phénomène de métropolisation très poussé. Le pays
compte 39 métropoles de plus d’1 million
d’habitants(contre 14 en 1950) ; ces 39 aires
métropolitaines regroupent 124,8 millions de
personnes, soit la moitié de la population totale.
Les dix plus grandes agglomérations, en 1990,
étaient New York (18 millions d’habitants),
Los Angeles (14,5 millions), Chicago (8 millions),
San Francisco (6,2 millions), Philadelphie,
(5,9 millions), Detroit (4,6 millions), Boston
(4,1 millions), Washington (3,9 millions), Dallas
(3,8 millions), Houston (3,7 millions). Les façades
pacifique et atlantique se caractérisent par de très
fortes concentrations urbaines, avec à l’est la
puissante Mégalopolis (45 millions d’habitants de
Boston à Washington), qui enregistre des densités
très élevées (396 habitants au km² dans le
New Jersey) et, à l’ouest, de vastes conurbations
transfrontalières (Portland-Seattle-Vancouver, au
nord-ouest ; Los Angeles-San Diego-Tijuana, au
sud-ouest).
La
structure des grandes villes américaines est très
différente de celle des cités européennes. De
formation récente, organisées sur le principe du
plan en damier (grid), les agglomérations
sont pour la plupart dépourvues de « noyau »
historique. Le centre actif de la cité se limite
fréquemment au quartier des affaires, le « Central
Business District » (CBD), dont les gratte-ciel
dominent la ville et abritent les banques, les
sièges des grandes sociétés et les grands hôtels.
La
population des grandes villes américaines continue
de décroître au profit des banlieues. Celles-ci
connaissent, depuis les années cinquante, un
formidable accroissement, les populations aisées
délaissant les centres-ville pour venir s’installer
dans des banlieues pavillonnaires. Celles-ci
rassemblent aujourd’hui plus de 60 p. 100 de la
population urbaine et s’étendent sur des espaces de
plus en plus vastes, à l’image de Los Angeles, qui
s’étale sur une centaine de kilomètres.
Progressivement, s’y créent des centres d’activité (commerces,
bureaux, industries) qui deviennent à leur tour des
villes, elles-mêmes entourées de nouvelles banlieues.
Le
départ des classes moyennes et d’une partie des
emplois vers les banlieues a accentué la ségrégation
spatiale, sociale et ethnique de l’espace urbain, et
entraîné une dégradation et une paupérisation
dramatique des centres-ville. Les minorités
ethniques défavorisées s’y concentrent aujourd’hui
dans des ghettos, où l’insalubrité, la pauvreté et
le chômage génèrent une importante criminalité.
Désertées par les populations aisées et donc privées
de ressources fiscales, la plupart des grandes
villes américaines sont aujourd’hui confrontées à
une grave crise financière. Totalement impuissantes,
elles s’enlisent dans une crise urbaine de plus en
plus insoluble. Ce phénomène est aujourd’hui l’un
des problèmes les plus graves auxquels sont
confrontés les États-Unis.
Institutions et vie politique
Les États-Unis sont une démocratie présidentielle.
Complétée peu à peu par 27 amendements, mais non
modifiée dans son essence, la Constitution de 1787
n’a pas cessé jusqu’à nos jours de régir le
fonctionnement des institutions américaines. Elle a
servi de modèle à de nombreux pays. Reposant sur le
fédéralisme et la séparation des pouvoirs (exécutif,
législatif, judiciaire), elle établit le partage des
responsabilités entre les États fédérés et l’État
fédéral. Elle est marquée par la volonté de protéger
les citoyens contre tout abus de pouvoir. La
Constitution peut être amendée par un vote à la
majorité des deux tiers de chaque chambre du Congrès.
Les dix premiers amendements, connus sous le nom de
Déclaration des droits (Bill of Rights), furent
adoptés en 1791. Ils établirent, entre autres, la
liberté de parole, de religion, de la presse ou
encore de réunion. Dix-sept autres amendements
furent adoptés entre 1795 et 1992, parmi lesquels
l’abolition de l’esclavage et l’établissement d’un
impôt sur le revenu.
Institutions et vie politique -
Pouvoir exécutif
Le pouvoir exécutif est
détenu par le président, élu pour un mandat de
quatre ans au suffrage universel indirect en même
temps qu’un vice-président. Le 22e amendement
(1951) limite le cumul à deux mandats. Le président
détient seul le pouvoir exécutif. Il est à la fois
le chef de l’État, le chef du gouvernement et le
chef des armées. Il réside à la Maison-Blanche et
est assisté d’un cabinet, constitué par les
secrétaires en charge des différents ministères
(Departments) et de quelques autres officiels,
tels que le directeur de la CIA (Central
Intelligence Agency) et l’ambassadeur américain
auprès des Nations unies.
Les
services chargés de l’exécutif sont : l’Office of
Management and Budget, qui prépare les budgets et
contrôle les dépenses, le National Security Council,
qui s’occupe de la défense nationale, et le Council
of Economic Advisers, qui conseille le président en
matière économique. Le pouvoir exécutif du
gouvernement est organisé en 14 départements :
l’État, le Trésor, la Défense, la Justice,
l’Intérieur, l’Agriculture, le Commerce, le Travail,
la Santé et les Services sociaux, l’Éducation, le
Logement et le Développement urbain, le Transport,
l’Énergie et les Anciens Combattants.
Institutions et vie politique -
Pouvoir législatif
Le pouvoir législatif est
détenu par le Congrès, formé de deux Chambres : le
Sénat (100 membres), qui représente les États (2 sénateurs
par État), et la Chambre des représentants (435 membres),
qui représente la population. Les sénateurs sont
élus pour six ans au suffrage universel direct et
renouvelable par tiers, tous les deux ans. Le nombre
des représentants varie selon la démographie de
chaque État. La Californie, l’État le plus peuplé,
possède le plus grand nombre de représentants (52) ;
plusieurs États comme le Delaware et le Vermont n’en
comptent qu’un seul.
Le
président possède un droit de veto sur les lois
votées par le Congrès. Ce veto peut toutefois être
contré par un vote à la majorité des deux tiers des
membres du Congrès.
Institutions et vie politique -
Pouvoir judiciaire
Le pouvoir judiciaire est
détenu par la Cour suprême, composée de 9 membres,
nommés à vie par le président et irrévocables. Elle
juge les procès impliquant l’État ou un État fédéré,
fait office de cour d’appel et contrôle tout le
système judiciaire fédéral. Elle juge également de
la constitutionnalité des lois.
Institutions et vie politique -
Gouvernement local
Chaque État possède sa
propre Constitution, fondée sur le principe de la
séparation des pouvoirs entre le gouverneur de
l’État, élu pour un mandat de quatre ans, le Congrès
de l’État et la Justice. L’État est compétent dans
les domaines de l’éducation, de la police, de la
protection de l’environnement, de l’économie
(commerce, industrie, agriculture), des prisons, des
hôpitaux, des services sociaux ou encore de la
justice. Ainsi certains États fédérés autorisent la
peine de mort, d’autres non.
Au cours du
XXe siècle,
le rôle de l’État fédéral a eu tendance à se
renforcer, aux dépens du fédéralisme, victime d’une
politique de centralisation. La répartition des
pouvoirs s’est toutefois rééquilibrée sous les
présidences de Richard Nixon et de Ronald Reagan,
avec une redistribution d’une partie des fonds
publics aux États fédérés. Le pouvoir central, qui
conserve la maîtrise de l’évolution générale du
pays, s’impose dans les domaines requérant une
approche globale, comme la politique monétaire ou
l’éducation.
Institutions et vie politique -
Partis politiques
Deux grands partis
dominent la vie politique aux États-Unis : le Parti
démocrate, fondé vers 1828-1830, et le Parti
républicain, fondé en 1854, plus conservateur en
matière fiscale, économique et sociale. Le Parti
démocrate défend traditionnellement les salariés,
les consommateurs et les minorités, le Parti
républicain, les chefs d’entreprises et les milieux
d’affaires. Une partie du débat politique porte sur
le rôle de l’État fédéral, notamment dans le
règlement des problèmes sociaux et le contrôle de
l’économie.
Il
existe, par ailleurs, un grand nombre de petits
partis indépendants et de multiples groupes de
pression (lobbies) dont les ambitions se limitent à
la défense d’une cause ou à une revendication
précise.
Institutions et vie politique -
Défense
Le président des
États-Unis est le commandant en chef des forces
armées américaines. Toutefois, seul le Congrès
détient le pouvoir de déclarer la guerre. Les
États-Unis possèdent une armée puissamment équipée,
gérée par le ministère de la Défense, le Pentagone.
Depuis 1973, les forces armées américaines ne sont
composées que d’hommes et de femmes volontaires.
Depuis la fin de la guerre froide, le gouvernement
américain a fortement réduit le budget de la Défense
(3,2 p. 100 du PIB en 2001 contre 6,5 p. 100 en
1985).
Les
effectifs de l’armée ont considérablement baissé. En
2001, l’armée de terre comptait environ 485 500 soldats,
la marine 385 400 et l’aviation 369 700. Les
États-Unis sont membres de l’Organisation du traité
de l’Atlantique Nord (OTAN) et ont un siège
permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation
des Nations unies (ONU).
Langues et religions
La langue officielle des États-Unis est l’anglais,
parlé par la majorité des Américains. Toutefois,
près de 32 millions de personnes utilisent une autre
langue dans leur foyer. Plus de la moitié d’entre
eux communiquent en espagnol (hispanophones),
notamment en Arizona, au Texas, en Californie et au
Nouveau-Mexique. Les autres langues sont le français,
pratiqué en Louisiane par les Cajuns et dans le
Maine, les langues amérindiennes (navajo, hopi,
etc.) et celles des principales communautés
d’immigrés (chinois, japonais, italien, allemand,
etc.).
Les
principales religions sont le protestantisme
(57 p. 100), le catholicisme (28 p. 100) et le
judaïsme (2 p. 100). Les principales Églises
protestantes sont baptistes (19,4 p. 100) ou
méthodistes (8 p. 100).
Au
début de la colonisation, les colonies anglaises
d’Amérique du Nord constituent un refuge contre
l’intolérance religieuse en Europe. Un grand nombre
de sectes et de croyances s’y épanouissent, comme
celle fondée en Pennsylvanie par le quaker anglais
William Penn. En Nouvelle-Angleterre se développe, à
partir de 1620, le congrégationalisme, fondé par des
séparatistes (voir Pères Pèlerins) et des
puritains, dissidents de l’Église anglicane.
Jusqu’en 1691, la colonie de Plymouth, fondée par
les Pères Pèlerins, est une théocratie. Son
intolérance religieuse à l’égard des non-congrégationalistes,
tels que les baptistes et les quakers, amène l’un
d’eux, Roger Williams, à quitter la colonie, en
1636, et à fonder la colonie de Providence (Rhode
Island), ouverte à toutes les croyances religieuses.
En 1639, Williams y établit la première Église
baptiste d’Amérique.
Les premiers juifs débarquent, dès
1654, à La Nouvelle-Amsterdam (New York), fondée en
1625 par les Hollandais, qui y maintiennent les
croyances et les pratiques de l’Église réformée. Le
luthéranisme se développe en Pennsylvanie, dans la
colonie de New York et au Delaware tandis que, plus
au sud, c’est le presbytérianisme qui connaît une
grande diffusion, à la fin du
XVIIe siècle
et au début du
XVIIIe siècle.
L’Église anglicane reste, en revanche, l’Église
officielle dans les colonies du Sud. Elle est
imposée plus tard au Maryland, qui a été colonisé au
XVIIIe siècle
par des catholiques sur l’initiative de la famille
Calvert.
Le mouvement « Revival of Religion »,
ou « Réveil », prônant un retour à la foi originelle,
exerce, au milieu du
XVIIIe siècle,
une grande influence sur les différentes religions
protestantes des colonies américaines. Les
principaux « réveils » aux États-Unis sont le
méthodisme et le « Grand Réveil », fondé en 1740 par
le congrégationaliste Jonathan Edwards et qui se
diffuse dans les églises baptistes. Jusque dans la
première moitié du
XIXe siècle,
la population des États-Unis reste majoritairement
protestante. À partir des années 1820, le nombre des
catholiques s’accroît rapidement avec l’arrivée
massive d’immigrants irlandais (plus de 1 million
entre 1845 et 1855), puis, au cours de la seconde
moitié du
XIXe siècle,
avec les vagues d’immigration en provenance des pays
du sud et de l’est de l’Europe (Italie, Autriche,
Hongrie, Pologne).
Parmi les développements religieux du
XIXe siècle,
citons la fondation de plusieurs cultes d’origine
américaine tels que l’Église des mormons, la Science
chrétienne, l’Église adventiste du Septième jour et
les témoins de Jéhovah.
Éducation
L’éducation scolaire est assurée, de la maternelle
au secondaire, par des établissements scolaires
publics ou privés. L’enseignement élémentaire et
secondaire s’étend sur douze années et est
sanctionné par un diplôme. La responsabilité de
l’enseignement public est décentralisée au niveau
des États fédérés (financements, programmes
scolaires, etc.).
La
ségrégation raciale appliquée dans les écoles (ségrégation
scolaire) est une pratique courante, surtout dans
les États du Sud, jusqu’en 1954, date à laquelle
elle est déclarée illégale par la Cour suprême des
États-Unis. Depuis, de grands progrès ont été
accomplis vers la non-ségrégation, mais une
ségrégation de fait est encore largement répandue en
ville et dans les banlieues. À la fin des années
1980, plus de 60 p. 100 des élèves noirs et
hispano-américains fréquentent des écoles où les
minorités constituent plus de 50 p. 100 de la
population scolaire.
L’enseignement supérieur est payant
et souvent très coûteux. Les premiers établissements
ont été créés dès la seconde moitié du
XVIIe siècle.
Parmi les universités les plus prestigieuses
figurent l’université Harvard (Cambridge,
Massachusetts), le California Institute of
Technology (Caltech) à Pasadena, l’université Yale
(New Haven, Connecticut), l’université de Stanford
(Palo Alto, Californie), l’université du Michigan,
l’université Columbia (New York), l’université de
Californie (Berkeley, Los Angeles), l’université du
Texas (Austin), l’université d’État de Pennsylvanie
(Penn State University) et Penn, ou University of
Pennsylvania, à Philadelphie, le Massachusetts
Institute of Technology (MIT) à Cambridge,
l’université de Chicago et l’université de Princeton
(New Jersey). Les États-Unis possèdent également de
célèbres écoles d’enseignement artistique comme par
exemple la Juilliard School (New York). Tout comme
l’enseignement élémentaire et secondaire,
l’enseignement supérieur a appliqué une ségrégation
raciale jusqu’en 1954.
Arts et vie culturelle
Les États-Unis comptent plus de 7 000 musées. Les
plus grands musées américains sont le Museum of
Modern Art (New York), le Museum of Contemporary Art
(MOCA) de Los Angeles, le San Francisco Museum of
Modern Art, l’Hirshhorn Museum and Sculpture Garden
(Washington), le musée Solomon R. Guggenheim
(New York), le Museum of Modern Art (San Francisco),
le Metropolitan Museum of Art (New York), l’Art
Institute of Chicago, le Museum of Fine Arts
(Boston), la Smithsonian Institution (Washington),
le Philadelphia Museum of Art, et l’American Museum
of Natural History (New York). Les États-Unis
possèdent près de 32 000 bibliothèques dont
certaines sont très prestigieuses, comme la célèbre
bibliothèque du Congrès (la bibliothèque nationale,
28 millions de volumes) à Washington, ou la New York
Public Library (environ 10 millions de volumes).
Les
États-Unis présentent également de nombreux théâtres,
salles de concerts et d’opéra dont les célèbres
Metropolitan Opera et Carnegie Hall de New York,
ainsi que de multiples compagnies de spectacles (voir
Lincoln Center for the Performing Arts ; New
York City Ballet). |