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Généralités
Avec un produit intérieur brut (PIB) de
9 837 milliards de dollars en 2000, les États-Unis
constituent la première puissance économique du
monde. Le PIB par habitant (34 940 dollars), très
élevé (4e rang mondial en 2000), les
classe parmi les pays les plus riches du globe.
Toutefois, plus de 13 p. 100 de la population
atteignait le seuil de pauvreté en 1997.
En 2002, les
États-Unis comptaient environ 144,9 millions d’actifs.
Le secteur tertiaire est aujourd’hui prépondérant,
en liaison avec le développement des activités des
services publics (administrations) et privés (banques,
assurances) et du secteur « quaternaire ». Le taux
de chômage (5,8 p. 100 en 2002 et 4,3 p. 100 en
1998, soit le taux le plus bas depuis 1970) est
relativement faible par rapport à l’Europe. Mais le
marché du travail est marqué par une flexibilité
croissante et par la précarité de l’emploi.
Généralités - Facteurs de prospérité
Les États-Unis sont le pays du libéralisme
économique et du capitalisme : le principe du
« laisser-faire », la concurrence, l’économie de
marché et la libre entreprise sont les moteurs de
l’économie américaine. Sa puissance repose à la fois
sur un vaste marché intérieur et sur une
internationalisation très poussée, grâce aux
investissements massifs des grandes multinationales
américaines à l’étranger.
Les intérêts
des États-Unis sont présents sur tous les
continents. Les grandes firmes américaines
contrôlent une partie des ressources agricoles et
minières des pays du tiers-monde : exploitation du
pétrole, du fer, de la bauxite et du cuivre du
continent africain, production bananière au
Guatemala, du fer et du manganèse au Brésil, ainsi
que d’une partie des industries du Mexique, depuis
la mise en place des maquiladoras. Certains
dénoncent cette mainmise américaine et parlent
d’exploitation économique du tiers-monde. Dans les
pays industrialisés (Europe, Canada), les
investissements américains concernent surtout les
industries manufacturières. À l’inverse, le marché
intérieur américain est largement ouvert aux
importations et aux investissements étrangers
(Japon, Grande-Bretagne).
La force de
l’économie américaine, aujourd’hui, ne repose pas
seulement sur son internationalisation, mais aussi
sur sa suprématie technologique. Celle-ci est fondée
sur l’importance des crédits consacrés à la
recherche-développement (2,5 p. 100 du PIB en 1996)
et sur le travail de quelque 5 millions de
chercheurs et d’ingénieurs. Cet effort est partagé
entre un réseau d’universités prestigieuses et les
firmes industrielles, qui travaillent en étroite
collaboration. Pays de prix Nobel, les États-Unis
attirent des chercheurs du monde entier (« Brain
Drain »). Le secteur « quaternaire », qui regroupe
les travailleurs les plus qualifiés (chercheurs,
ingénieurs), emploie désormais plus de personnes que
l’agriculture.
Les
États-Unis sont devenus la première puissance
économique mondiale au début du
XXe siècle,
à l’issue de la première révolution industrielle et
agricole. À la prospérité et à l’euphorie des années
1920 succède la grande crise économique des années
1930. L’économie américaine, stimulée par la
politique du New Deal puis par l’effort de guerre,
renoue avec la prospérité durant la Seconde Guerre
mondiale. Modèle du capitalisme mondial au lendemain
de la guerre, jouissant d’une suprématie économique
incontestée, les États-unis connaissent alors une
très forte croissance. La production industrielle
double en quinze ans. Les firmes multinationales
américaines conquièrent des positions clés en Europe
et en Amérique latine tandis que les services (banques,
assurances, commerce, administration) connaissent un
développement exceptionnel.
Toutefois,
la rapidité de la croissance et la compétitivité
nouvelle de l’Europe et du Japon, le déficit
croissant et chronique de la balance des paiements
américaine (à partir des années 1960) et de la
balance commerciale (à partir des années 1970)
entraînent un déclin relatif mais régulier de
l’économie américaine. Le PIB des États-Unis n’a
cessé de croître, mais la part du pays dans la
production mondiale a diminué. En 1945, le PIB
américain (213 milliards de dollars) représente la
moitié du PIB mondial ; en 1995, 7 246 milliards de
dollars, les États-Unis n’ont produit que le quart
de la richesse mondiale.
L’aggravation du déficit budgétaire, liée à une
forte augmentation des dépenses publiques (sociales
sous Carter, militaires sous Reagan), a par ailleurs
entraîné une forte croissance de l’endettement
national. Premier créancier du monde au début des
années 1980, les États-Unis sont devenus aujourd’hui
les premiers débiteurs (dette brute en 1997 :
61,5 p. 100 du PIB).
Généralités - Échanges internationaux
Aux début des années 1990, dans le cadre de la
mondialisation des échanges et compte tenu de
l’ouverture du marché américain aux produits
étrangers, les États-Unis ont entamé une vaste
négociation (Uruguay Round) sur les échanges
internationaux, dans le cadre du GATT (General
Agreement on Tariffs and Trade, aujourd’hui
Organisation mondiale du commerce ou OMC). Celle-ci
a finalement débouché sur une série d’accords sur
les tarifs douaniers et le commerce international.
Par ailleurs,
depuis le 1er janvier 1994, est entré en
application l’Accord de libre-échange nord américain
(Alena ou NAFTA). Celui-ci marque l’abolition des
barrières douanières entre le Canada, les États-Unis
et le Mexique, qui forment désormais un marché
unique de 388 millions de consommateurs. À ce jour,
l’Alena a eu un effet très bénéfique, en stimulant
fortement les échanges à l’intérieur des trois États
membres.
Avec un taux
de croissance de 4,1 p. 100 en 1994, de 2 p. 100 en
1995, de 2,4 p. 100 en 1996 et 3,8 p. 100 en 1997 (contre
0,4 p. 100 en 1990), l’économie américaine semble
désormais sortie de la grave récession des années
1989-1992. Le déficit budgétaire a été
considérablement réduit, passant de 290 milliards de
dollars en 1992 à 107 milliards de dollars en 1996,
le budget devenant même excédentaire en 1998, pour
la première fois depuis trente ans. Mais les
États-Unis, favorables à l’établissement d’un grand
marché commun continental, de l’Alaska à la Terre de
Feu, souhaitent aller plus loin et poussent à
l’ouverture des marchés en Amérique latine. Lors du
premier Sommet des Amériques en décembre 1994, Bill
Clinton s’est prononcé en faveur de la création
d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA)
d’ici 2005. Malgré la réticence des pays du Mercosur
(Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), le processus
de négociations a été lancé à l’issue du deuxième
Sommet des Amériques, en avril 1998, et réaffirmé
lors du troisième Sommet en avril 2001 à Québec.
Généralités - Concentration des entreprises
Les PME (petites et moyennes entreprises) sont
très nombreuses, notamment dans le domaine des
services et dans celui de la sous-traitance.
Toutefois, une grande partie de la population active
travaille dans des firmes employant plus de 100 personnes,
qui rassemblent plus de 40 p. 100 des salariés.
La
concentration est très importante dans l’industrie
et dans la finance. On observe une tendance à
l’oligopole, c’est-à-dire au contrôle des marchés
par un nombre réduit de grandes sociétés. La
concentration des entreprises se poursuit, mais ses
conséquences humaines (licenciements massifs ou
downsizing) sont de plus en plus mal acceptées.
À la fin des années 1980, les États-Unis possédaient
44 des 100 premières firmes industrielles du monde.
Au palmarès des chiffres d’affaires réalisés en
1997, 4 d’entre elles figuraient parmi les
10 premiers groupes mondiaux : General Motors, Ford
Motors, Exxon et Wal-Mart.
Il existe
aux États-Unis, depuis la fin du
xixe (loi
Sherman, 1890) et le début du
XXe siècle (loi
Clayton, 1914), une législation antitrust visant à
éviter une concentration excessive pouvant conduire
à l’établissement d’un monopole. La tendance
aujourd’hui est aux conglomérats, qui ajoutent, aux
formes traditionnelles de concentration horizontale
et verticale, une diversification des activités.
Parmi les plus grands conglomérats figurent United
Technologies, International Telegraph and Telephone
(ITT) ou encore Textron.
Généralités - Rôle de l’État fédéral
Depuis le New Deal, l’État fédéral a multiplié
et diversifié ses interventions. Les démocrates sont,
dans ce domaine, plus interventionnistes que les
républicains. Ces derniers défendent les milieux
d’affaires et sont favorables, par leur programme
(« moins d’État, moins d’impôts ») à la
déréglementation administrative et au désengagement
public. Dans sa politique conjoncturelle, l’État
fédéral s’efforce de maîtriser l’inflation par le
contrôle des prix, des salaires (Nixon, 1971-1974),
et par des taux d’intérêts élevés (Reagan,
1981-1982), ou encore de soutenir l’activité
économique par des allégements d’impôts afin de
relancer la consommation (Carter, 1977-1978). Il
aide également l’agriculture et finance, par ses
commandes, l’entreprise industrielle privée. Il
intervient, enfin, dans le financement des
programmes sociaux et les diverses prestations que
le gouvernement s’est engagé à fournir aux citoyens,
tels le Medicare (assurance maladie des personnes
âgées) ou le Medicaid (assurance maladie des plus
démunis).
Toutefois,
l’État-providence et le welfare (système
garantissant aux plus démunis une aide financière de
l’État fédéral) ont été fortement remis en cause,
dans un pays qui compte aujourd’hui quelque
38 millions d’habitants vivant en dessous du seuil
de pauvreté. Désormais, nul ne pourra bénéficier de
l’aide sociale plus de cinq ans durant toute sa vie.
Par cette réforme, signée par Bill Clinton en août
1996, l’État fédéral renonce à corriger les
inégalités induites par l’économie de marché et un
capitalisme sauvage. L’objectif avoué est
d’économiser près de 55 milliards de dollars en six
ans. Plus récemment, Bill Clinton s’est prononcé en
faveur d’une augmentation du salaire horaire minimal
(4,42 dollars), inchangé depuis sept ans.
Agriculture, forêts, pêche - Agriculture
Grâce à un climat et à des sols favorables,
l’agriculture des États-Unis est la première du
monde. Le secteur primaire employait 2,7 p. 100 de
la population active et produisait 1,63 p. 100 du
PIB en 2000. Les terres arables couvrent 19 p. 100
du territoire national. Dominants pour certaines
productions (céréales, soja, viande bovine, agrumes),
les États-Unis sont les premiers exportateurs
mondiaux de produits agricoles. Ils assurent
80 p. 100 des exportations mondiales de soja,
55 p. 100 des exportations de maïs et 30 p. 100 de
celles du blé. La balance agricole est chaque année
très excédentaire, avec un surplus de 14,1 milliards
de dollars en 1994 (2e rang mondial après
le Canada).
Bien équipée
mais fortement endettée, l’agriculture américaine
est intégrée au grand capitalisme. Dominée par de
grands groupes financiers industriels et commerciaux,
elle est au centre d’un vaste complexe agro-industriel
ou « agrobusiness » (33 p. 100 de la population
active), allant de la production de biens et de
services aux agriculteurs jusqu’aux structures de
transformations et de distribution des produits
alimentaires.
Le
développement de la mécanisation et de l’agriculture
scientifique a entraîné une réduction massive du
nombre des agriculteurs et des exploitations
agricoles (5,6 millions en 1950, 2,1 millions en
1993), une concentration des terres et
l’augmentation de la taille moyenne des
exploitations (86 ha en 1950, 189 ha en 1993). La
petite ferme familiale a pratiquement disparu du
paysage agricole américain, au profit de vastes
exploitations agro-industrielles, chargées de
satisfaire la consommation des grandes villes et
adaptées aux besoins d’une puissante industrie
agroalimentaire. Ces exploitations géantes, ou
corporate farming (jusqu’à 2 000 ha), sont des
entreprises capitalistes, contrôlées souvent par des
conglomérats (Boeing, Coca-Cola). Elles sont
spécialisées dans des productions à forte valeur
ajoutée (plantations de canne à sucre, pépinières,
vignobles de qualité, aviculture, agrumes, élevage
bovin industriel) et ouvertes sur le marché mondial.
L’agriculture industrielle (700 000 exploitations)
assure plus de 80 p. 100 de la production et des
ventes.
L’agriculture américaine fournit une gamme très
étendue de productions végétales et animales.
L’élevage (bovin, porcin, ovin, volailles) et ses
produits dérivés fournissent 50,5 p. 100 des
recettes de l’agriculture. L’élevage bovin (embouche
et produits laitiers) domine la production. Le
cheptel bovin (103,3 millions de têtes en 1995) est
le troisième du monde. Le troupeau laitier est
concentré dans les zones humides et verdoyantes des
Grands Lacs (Dairy Belt), du Nord-Est atlantique et
du Nord-Ouest pacifique. L’élevage pour la viande
associe les régions de l’Ouest, spécialisées dans la
reproduction, aux régions d’engraissement des
Grandes Plaines centrales (Iowa, Nebraska, nord du
Texas, Colorado), où se développent de véritables
usines d’élevage (feedlots, ou « parcs
d’engraissements »). Le cheptel porcin est également
très important, avec 60 millions de têtes (2e rang
mondial).
Les cultures
sont très variées. Les États-Unis sont leaders
mondiaux pour les céréales (282,2 millions de t en
1995 soit 15 p. 100 de la production mondiale) et le
soja (69,6 millions de t en 1994). En 1995, ils
produisaient 47 p. 100 du soja mondial, 38 p. 100 du
maïs (Iowa, Illinois), avec une production de
191,5 millions de t (1er rang mondial),
et 11 p. 100 du blé (59,4 millions de t, 2e rang
mondial). Les autres céréales sont l’orge
(7,9 millions de t, 5e rang mondial) et
le riz (8 millions de t), cultivé essentiellement en
Arkansas et en Californie. Les rendements céréaliers
sont élevés (5 572 kg/ha).
Parmi les
plantes industrielles dominent le coton (Vieux Sud,
Californie), avec une production de 4,1 millions de
t de fibres (2e rang mondial, 22 p. 100
de la production mondiale), les arachides (Géorgie),
avec une production de 1,9 million de t en 1994 (3e rang
mondial), le tabac (Caroline du Nord, Kentucky),
dont la production s’est élevée à 723 000 t en 1994
(2e rang mondial), la canne à sucre
(Hawaii, Floride ; 27,4 millions de t en 1995) et la
betterave à sucre. Les États-Unis sont les
troisièmes producteurs mondiaux de sucre brut
(6,9 millions de t en 1995). Les fruits et légumes
tempérés sont cultivés dans les régions urbanisées
du Nord-Est atlantique, sur les rives des Grands
Lacs (Fruit Belt) et dans les États de Washington et
de l’Oregon. Les agrumes (13,2 millions de t en
1994, 2e rang mondial) et les fruits
tropicaux (ananas, papayes) sont cultivés en Floride,
en Californie et à Hawaii. Les autres grandes
cultures sont les plantes fourragères, destinées au
bétail, la pomme de terre (20,3 millions de t en
1995, 4e rang mondial) et la vigne (Californie ;
4e rang mondial).
L’agriculture américaine s’est longtemps
caractérisée par la spécialisation de vastes régions
agricoles dans une monoculture (Corn Belt, Cotton
Belt, Wheat Belt). Ces belts (« ceintures »)
spécialisées ont été remplacées, aujourd’hui, par
des régions agricoles aux cultures plus diversifiées.
La Grande Vallée californienne, dominée par les
cultures maraîchères et fruitières, est irriguée à
très grande échelle. Le nord-est des États-Unis
(Nouvelle-Angleterre, Pennsylvanie, New York, région
des Grands Lacs) est spécialisé dans la production
laitière (Dairy Belt). Les Grandes Plaines centrales
sont le domaine des grandes cultures céréalières (maïs,
blé), de l’élevage intensif (porcs, bovins) et, plus
récemment, du soja. L’irrigation y est nécessaire à
l’ouest du 100e méridien. Ces espaces
agricoles sont aujourd’hui gravement menacés par
l’érosion des sols. Dans le Vieux Sud (de
l’Atlantique au Mississippi), la culture
traditionnelle du coton (plantations de la Cotton
Belt) a fortement décliné. Elle est aujourd’hui
associée à des cultures variées (tabac, légumes,
céréales, soja, arachides). Dans les zones
subtropicales (littoral du golfe du Mexique, Floride),
la culture du riz, des agrumes, de la canne à sucre
et des légumes est prédominante. Enfin, les
montagnes et les plateaux de l’Ouest sont le domaine
de l’élevage traditionnel extensif bovin
(ranching) et ovin.
Agriculture, forêts, pêche - Sylviculture et pêche
Aux ressources agricoles s’ajoute un puissant
secteur sylvicole. Environ 195 millions d’hectares
de forêt (soit la quasi-totalité de la forêt
américaine) sont exploités. Les États-Unis sont les
premiers producteurs mondiaux de bois (500 millions
de m3 en 1993). La production concerne
essentiellement les bois tendres (sapin de Douglas,
pin jaune du Sud). La moitié est destinée à la
construction (bois de charpente) et un tiers à la
production de pâte à papier. Les principales régions
sylvicoles sont les plaines côtières du Sud, la
Nouvelle-Angleterre, les Appalaches, la région des
Grands Lacs, les Rocheuses et les chaînes côtières
du Pacifique.
Le secteur
de la pêche est également très actif. Avec une prise
annuelle de 5 millions de tonnes en 1999, les
États-Unis occupent le 5e rang mondial
derrière la Chine, le Pérou, le Japon et le Chili.
Les espèces marines (mollusques, crustacés, poissons)
constituent l’essentiel des prises. Les principales
régions productrices sont l’Alaska (saumon, colin),
le Massachusetts, la Louisiane, le Texas, le Maine
et la Californie. La région de la Nouvelle-Angleterre
est réputée pour ses crustacés (homards).
L’ostréiculture (côte atlantique) et la pisciculture
(truite, saumon) sont développées.
Exploitation minière et énergie
En 1996, le secteur secondaire employait 24 p. 100
de la population active et fournissait, en 1991,
27 p. 100 du PIB.
Exploitation minière et énergie - Ressources
minières
Grâce à l’abondance de ses ressources minérales,
les États-Unis sont la deuxième puissance minière du
monde. Leur exploitation fournissait 3,5 p. 100 du
PIB national en 1991 et occupait 3,5 p. 100 de la
population active en 1996. Cinq États assurent la
moitié de la production annuelle : le Texas, la
Louisiane, l’Alaska, l’Oklahoma et la Californie.
Les énergies
fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon, uranium)
sont les premières productions en valeur. Les
États-Unis occupent le 2e rang mondial
pour la production de charbon (849 millions de t en
1995), dont ils possèdent un cinquième des réserves
mondiales. Premier exportateur mondial de charbon,
les États-Unis possèdent 23 p. 100 des réserves
planétaires. Le charbon est extrait principalement
dans les Appalaches (près de Kentucky et de
Pittsburgh) et dans le bassin du lac Michigan
(Illinois, Indiana). Les plateaux de l’Ouest et les
montagnes Rocheuses possèdent d’importantes réserves.
Le charbon fournit 55 p. 100 de l’électricité du
pays.
Les
États-Unis sont également les deuxièmes producteurs
mondiaux de gaz naturel (530 milliards de m3
en 1995) et de pétrole (386 millions de t en 1995).
Les principales régions productrices sont le golfe
du Mexique (Texas, Louisiane), qui fournit 60 p. 100
du pétrole national et 70 p. 100 du gaz naturel, la
Californie et l’Alaska (20 p. 100 du total grâce au
gisement de Prudhoe Bay). La distribution des
produits pétroliers est assurée par l’un des plus
grands réseaux mondiaux d’oléoducs et de gazoducs
(1,3 million de km), qui relie les zones
productrices du Sud aux régions industrielles et
urbaines du Nord-Est. Les réserves de pétrole sont
estimées à 3 064 millions de t (10e rang
mondial), soit 2,4 p. 100 des réserves planétaires.
Celles de gaz naturel sont estimées à
4 640 milliards de m3 (6e rang
mondial), soit 3,2 p. 100 des réserves mondiales.
Le pays se
place au 8e rang mondial pour la
production d’uranium (Nouveau-Mexique, Texas,
Wyoming, Utah), avec une production de 1 590 t en
1995, au 6e rang mondial pour le minerai
de fer (région du lac Supérieur, en particulier le
Minnesota et le Michigan), avec une production de
39,2 millions de t en 1995, au 1er rang
mondial pour le cuivre (2,28 millions de t en 1995),
au 3e rang mondial pour le plomb
(408 000 t en 1995), l’or (Nevada, Californie, Utah,
Dakota du Sud) et l’argent (Nevada, Idaho, Alaska,
Montana, 1 400 t en 1995), ainsi qu’au 1er rang
mondial pour le molybdène (Colorado, Arizona, Idaho,
Montana) et les phosphates (Floride, Caroline du
Nord, Idaho, Tennessee), avec une production de
45,5 millions de t en 1995. Les autres minerais
importants sont le zinc, avec une production de
363 000 t en 1995 (4e rang mondial), la
bauxite, le soufre (1er rang mondial,
production de 11,6 millions de t en 1993), la
potasse (Nouveau-Mexique ; 1,4 million de t en 1995,
5e rang mondial), le magnésium et le sel.
Malgré cette
extraordinaire richesse minérale, les États-Unis ne
produisent aujourd’hui que 65 p. 100 de leurs
besoins en pétrole et importent 80 p. 100 de leurs
besoins en aluminium, chrome, cobalt, magnésium,
amiante, étain et tungstène.
Exploitation minière et énergie - Énergie
Les États-Unis sont les premiers producteurs
mondiaux d’électricité (3 575 milliards de kWh en
1995), soit 20 p. 100 de l’énergie mondiale :
10 p.100 sont d’origine hydraulique, 20 p. 100
d’origine nucléaire, 70 p. 100 d’origine thermique.
Grâce au formidable potentiel hydraulique du pays,
l’eau des fleuves est mobilisée pour la production
d’hydroélectricité dans le Nord-Est (Nouvelle-Angleterre,
chutes du Niagara), dans les Appalaches, avec
l’aménagement de la Fall Line, et de la vallée du
Tennessee (Tennessee Valley Authority, 1933), dans
les Hautes-Plaines (Missouri) et surtout dans
l’Ouest, dans les bassins du Colorado et de la
Columbia, équipés de grands barrages (barrage
Hoover, barrage de Grand Coulee).
Les
États-Unis consomment plus du quart de l’énergie
mondiale (2 073 millions de tep en 1995 ; taux de
couverture : 80,2 p. 100). Le pétrole fournit près
de 41 p. 100 de l’énergie totale consommée à des
fins industrielles ou domestiques, le charbon
23 p. 100, le gaz naturel 24 p. 100, l’énergie
hydraulique 4 p. 100 et le nucléaire 8 p. 100. Les
États-Unis sont, aujourd’hui, les premiers
importateurs mondiaux d’hydrocarbures, d’où leur
souci constant de garantir la sécurité de leurs
approvisionnements (guerre du Golfe, 1991).
Industrie
Les États-Unis ont la plus forte production
industrielle mondiale. Ils assurent encore 20 p. 100
de la production industrielle mondiale (contre plus
de 30 p. 100 en 1960). En 1996, l’industrie
américaine employait 20,5 p. 100 de la population
active et fournissait, en 1991, 23,5 p. 100 du PIB.
Ses points
forts sont sa grande diversité, une capacité
d’innovation remarquable, et son avance
technologique. Les États-Unis occupent la première
place mondiale dans de nombreuses branches
industrielles : le pétrole (Exxon, Mobil, Texaco,
Chevron, Amoco), l’automobile (General Motors, Ford
Motors, Chrysler), les constructions aéronautiques
(Lockheed Martin, United Technologies, Boeing,
McDonnel Douglas, Textron) et électriques (General
Electric), les biens de consommations (Philip
Morris, Procter & Gamble, Conagra, Coca-Cola), la
chimie-pharmacie (DuPont de Nemours, Dow Chemical)
ou encore l’informatique (IBM, Hewlett-Packard,
Compaq, Digital Equipment, Apple, Microsoft).
Malgré un
déclin relatif depuis la fin des années soixante,
l’industrie reste un secteur clé de l’économie
américaine. Seuls la sidérurgie et le textile ont
été gravement affectés par la désindustrialisation.
De plus en plus, l’industrie américaine évolue vers
une spécialisation dans des activités de haute
technologie. La puissance des grandes firmes
américaines se maintient, malgré une vive
concurrence internationale, émanant principalement
du Japon (téléviseurs, appareils hi-fi, photographie,
motocycles, automobile), de l’Europe (armements,
aéronautique, chimie) et des nouveaux pays
industriels d’Asie extrême-orientale, notamment la
Corée du Sud, la Chine, Taïwan et Hong Kong (jouets,
plastique, textiles, etc.).
Industrie
- Régions industrielles
L’espace industriel des États-Unis a connu une
importante évolution au cours des dernières
décennies, caractérisée par le déclin relatif des
vieilles régions industrielles du Nord-Est, cœur
historique de la révolution industrielle, et par
l’industrialisation rapide des États du Sud et de
l’Ouest.
Cet étonnant
retournement de la dynamique spatiale, qui
caractérise aussi bien l’économie que la démographie,
s’est accéléré à partir des années 1970, lorsque le
Nord-Est industrialisé s’est trouvé confronté à une
grave crise de ses industries de main-d’œuvre
traditionnelles (sidérurgie, automobile, textile).
Celles-ci ont perdu plusieurs millions d’emplois.
Comprise entre les Grands Lacs et la Mégalopolis (quadrilatère
Baltimore-Portland-Milwaukee-Saint-Louis), la
Manufacturing Belt est victime d’une
désindustrialisation notable. Appelée parfois la
Rust Belt (« Ceinture de la rouille »), elle reste
toutefois la première concentration industrielle du
pays et conserve l’essentiel du pouvoir de
commandements. Elle concentre 70 p. 100 des sièges
sociaux des grandes firmes et fournit encore
43 p. 100 de la production industrielle nationale.
Les cinq États les plus industrialisés y sont l’Ohio,
l’Illinois, le Michigan, la Pennsylvanie et l’État
de New York.
De l’autre
côté du continent nord-américain, le Texas et
surtout la Californie constituent les nouvelles
grandes régions industrielles du pays. Le Sud
fournit de nos jours 32 p. 100 de la production
industrielle nationale et l’Ouest pacifique,
16 p. 100. Le début de la croissance économique et
urbaine des États de la Sunbelt date des années
quarante ; il résulte autant de la décision de
l’État fédéral d’y implanter ses centres de
recherche et ses usines d’armement que des mutations
qui ont affecté la production industrielle (développement
des industries de pointe, essor de la Silicon
Valley) et la recherche d’une main-d’œuvre bon
marché (Mexicains).
La
concurrence internationale a entraîné la création et
un développement rapide des maquiladoras dans
les villes mexicaines situées le long de la
frontière avec les États-Unis (Tijuana, Ciudad
Juárez, Mexicali, Nuevo Laredo), considérées comme
des zones de libre-échange. Sous l’initiative
d’industriels américains, cherchant à réduire les
coûts d’assemblage de leurs produits manufacturés,
et à de grands fermiers mexicains désireux de
rentabiliser leur domaine, ces usines de montage
emploient une main-d’œuvre mexicaine à bon marché.
Les maquiladoras mexicaines attirent de plus
en plus de multinationales étrangères, en
particulier japonaises.
L’extraordinaire dynamisme de l’aire Pacifique, qui
constitue aujourd’hui le cœur de l’activité
économique mondiale, joue aujourd’hui en faveur de
la façade ouest des États-Unis. Grâce à leur
situation très favorable, la Californie et les
autres États du Pacifique (Oregon, Washington,
Hawaii, Alaska) apparaissent les mieux placés pour
affronter la compétition industrielle internationale
au sein des États-Unis. La Californie, désormais
l’État le plus industrialisé du pays, fournit à elle
seule 10 p. 100 de la production industrielle
nationale. Elle a gagné 600 000 emplois entre 1994
et 1996. Si elle était une nation indépendante, elle
serait la sixième puissance économique mondiale.
Industrie
- Agroalimentaire et textile
L’industrie agroalimentaire américaine est
puissante et diversifiée, à l’image des productions
agricoles : produits laitiers dans la région des
Grands Lacs et en Nouvelle-Angleterre, industries de
la viande et minoteries dans les Grandes Plaines,
conserveries de fruits et légumes dans la plaine
côtière atlantique et en Californie, raffineries de
sucre, brasseries dans la région des Grands Lacs et
dans le Kentucky (bourbon), viticulture en
Californie. C’est un secteur très concentré. Les
deux tiers de la production sont assurés par
cinquante entreprises parmi lesquelles Nabisco,
Coca-Cola et Pepsi-Cola, géants de l’agroalimentaire
mondial, ou encore Mac Donald’s et Burger King,
leaders de la restauration rapide. Les États-Unis
sont, avec la France, les premiers exportateurs
mondiaux de produits agroalimentaires.
L’industrie
textile (confection, fibres, textiles), activité
traditionnelle en Nouvelle-Angleterre et en
Pennsylvanie, a fortement régressé, de même que
l’industrie cotonnière localisée dans le Sud (Géorgie,
Caroline du Nord, Caroline du Sud). Industrie de
main-d’œuvre, elle emploie près de 2 millions de
personnes dans des firmes de petite taille et des
travailleurs souvent peu qualifiés et sous-payés
(femmes, minorités ethniques). La balance
commerciale est déficitaire en raison de
l’importance des importations de produits textiles
(confection, bonneterie) en provenance des pays du
tiers-monde (plus de 50 p. 100 du marché national
aujourd’hui). Cette concurrence a entraîné la
fermeture de nombreuses usines et des suppressions
massives d’emplois (près de 2 millions dans la
confection). Cependant, grâce à la modernisation de
ses techniques et de son appareil de production,
sous l’impulsion des grandes entreprises
(Burlington, Levi Strauss), l’industrie textile
américaine a retrouvé une forte productivité. Elle
se situe au deuxième rang mondial pour la
fabrication des tissus naturels et domine le marché
pour les fibres synthétiques. L’industrie du
vêtement (confection) et de la mode, très dynamique,
se concentre dans les grands centres urbains de
l’Est (New York, Philadelphie), de Chicago et de la
Californie.
Industrie
- Métallurgie et industrie automobile
Les États-Unis sont le 3e producteur
mondial d’acier brut avec une production de
91 millions de t en 1994. Parmi les industries
métallurgiques, la sidérurgie reste un secteur
essentiel malgré son déclin. En 1987, elle
fournissait encore 11 p. 100 de l’acier mondial (contre
60 p. 100 en 1945). Elle subit une concurrence
accrue des entreprises japonaises et européennes.
Cependant, grâce à d’importants efforts de
restructuration, la sidérurgie américaine a retrouvé
une forte productivité. Elle est dominée par trois
grandes firmes (Bethlehem Steel, LTV, US Steel).
D’abord
localisée aux pieds des Appalaches (gisements de
charbon) et sur les rives des Grands Lacs (minerai
de fer de la région du lac Supérieur et du Canada),
elle a commencé à se rapprocher du littoral dans les
années 1950-1960, vers les ports d’importation de
minerai de fer (Philadelphie, Baltimore, Houston).
Toutefois, l’essentiel de la production est toujours
issu de la région des Grands Lacs (Pennsylvanie,
Illinois, Indiana, Ohio, Michigan), les centres les
plus actifs étant Pittsburgh (Pennsylvanie) et
Chicago-Gary (Illinois, Indiana). D’autres noyaux
sidérurgiques sont situés au sud des Appalaches
(Birmingham), au Texas (Houston), en Californie,
dans les Rocheuses (mini-mills).
Les
États-Unis possèdent également une puissante
industrie de l’aluminium dont ils sont les premiers
producteurs mondiaux (3,3 millions de t en 1994,
soit près d’un tiers de la production mondiale). Ce
secteur est dominé par trois grandes sociétés, les
« Big Three » (Kaiser, Reynolds et Alcoa). Les
États-Unis importent le minerai brut (bauxite)
d’Amérique latine, d’Afrique et d’Australie. Les
usines sont installées dans les ports d’importation
de matières premières (golfe du Mexique, Texas) et
dans les régions productrices d’hydroélectricité (vallée
du Tennessee, vallée de la Columbia).
L’industrie
automobile américaine, la première du monde, est
fortement concurrencée par les constructeurs
japonais. Elle fabrique près du quart de la
production mondiale (6,6 millions d’unités en 1994).
La filière automobile fournit près de 8 p. 100 de la
valeur de la production industrielle. C’est une
activité financièrement et spatialement concentrée.
Trois firmes (les « Majors ») assurent la quasi-totalité
de la production : General Motors, fondée en 1908 et
première entreprise mondiale, Ford Motors (1903) et
Chrysler (1923). Les principaux constructeurs
étrangers aux États-Unis sont les firmes japonaises
Honda (devenue le 1er exportateur
automobile du pays) et Toyota, ainsi que la firme
allemande Volkswagen. Encore concentrée dans l’État
du Michigan (le tiers de la production nationale) et
surtout à Detroit, capitale mondiale de l’automobile,
l’industrie automobile a essaimé dans d’autres
villes des Grands Lacs (Cleveland, Toledo, Buffalo,
Chicago) et plus au sud (Indianapolis, Cincinnati,
Saint-Louis). Elle s’accompagne de productions
annexes (machines-outils, machines agricoles,
électroménager). Des usines de montage existent
également dans les grands centres urbains de l’Est
et du Sud (Dallas, Atlanta, Memphis, Californie).
Frappée par deux grandes crises en 1974-1975 et en
1980-1982, l’industrie automobile américaine n’a pu
se redresser qu’au prix d’une reconversion profonde
de son appareil de production. Celle-ci s’est
accompagnée de suppressions massives d’emplois (fermeture
de dix usines).
Industrie
- Industrie chimique
Les États-Unis sont les leaders mondiaux dans le
secteur de la chimie. Ils possèdent une puissante
industrie, avec des firmes comme DuPont de Nemours,
Dow Chemical, Union Carbide, Monsanto et les grandes
firmes pétrolières (Exxon, Mobil, etc.). En aval de
la chimie lourde, on trouve des firmes plus
spécialisées, comme Eastman Kodak (matériel et films
photographiques), ou encore les entreprises
fabriquant le caoutchouc synthétique et les
pneumatiques, installées à Akron (Goodyear,
Firestone). La chimie minérale fournit la soude,
l’acide sulfurique, les engrais. La chimie organique
est la plus importante : elle fournit 20 p. 100 du
caoutchouc synthétique mondial. Elle repose sur la
carbochimie (nord du bassin des Appalaches) et sur
la pétrochimie (Louisiane, Texas, Chicago, Toledo,
New York).
Industrie
- Industries de pointe
Les États-Unis se caractérisent aujourd’hui par
le dynamisme des industries de pointe (informatique,
électronique, biotechnologies, robotique, etc.).
Employant une main-d’œuvre hautement qualifiée et
utilisant des technologies très sophistiquées, elles
constituent l’un des secteurs à plus forte
croissance de l’économie américaine. Elles se
concentrent de plus en plus dans des technopoles à
proximité des grandes villes, des campus
universitaires et des grands aéroports (hubs) :
Boston (route 128, route 495), Philadelphie
(route 202), Portland (Sunset Corridor),
San Francisco (Silicon Valley, université Stanford),
Caroline du Nord (Triangle d’or), New Jersey
(Route 1, Zip Strip, université de Princeton), Texas
(complexe micro-électronique d’Austin), etc.
Les
industries électriques et électroniques sont
particulièrement importantes. Les États-Unis ont été
les initiateurs de la « révolution électronique ».
Celle-ci bouleverse le monde depuis l’invention du
transistor (1948), la fabrication des premiers
micro-ordinateurs (1964) et la mise au point du
microprocesseur (1971), qui miniaturise l’ordinateur
et multiplie les applications de l’informatique.
Malgré l’essor du Japon, l’industrie électrique et
électronique américaine reste la plus puissante du
monde et fournit une gamme très étendue de produits :
semi-conducteurs (Motorola, IBM) ; armements très
sophistiqués (missiles, radars, instruments de
guidage) ; biens d’équipement (matériel informatique,
supercalculateurs, ordinateurs, micro-ordinateurs,
robots industriels) et biens de consommation grand
public (calculatrices, téléviseurs, hi-fi, etc.).
Elle est dominée par de grandes firmes comme IBM,
numéro un mondial de l’informatique, Microsoft,
Apple, Hewlett-Packard, Commodore, Unimation, Texas
Instruments, General Electric, Zenith ou ITT. Elle
se concentre dans le Nord-Est (New York, siège d’IBM
et d’ITT, le Connecticut, le Massachusetts,
Detroit). Toutefois, c’est dans le Sud et l’Ouest
qu’elle connaît le taux d’expansion le plus élevé (Californie,
Texas).
Les
États-Unis figurent également au premier rang
mondial pour les industries aérospatiales. Ils
dominent le secteur de l’aéronautique avec des
firmes comme Boeing, premier avionneur mondial,
Mac Donnell Douglas ou Rockwell. L’industrie
aéronautique américaine se localise dans le Nord-Est
(Philadelphie, Columbus), dans les Grandes Plaines
(Saint Louis, Wichita), dans le sud (Atlanta) et
surtout sur la façade pacifique, principale région
de fabrication des cellules d’avions (Californie ;
région de Seattle, où est installée la firme
Boeing).
L’industrie
aérospatiale est plus dispersée. Associée à
l’électronique, ses principaux centres sont situés
dans le Sud (Alabama, Texas, Virginie, Louisiane,
Floride) et dans l’Ouest (Californie, Nevada).
Depuis le lancement du programme spatial Apollo, en
1961, en riposte au défi soviétique, les États-Unis
se sont lancés dans la conquête de l’espace (programme
Skylab, navettes spatiales). Le rôle de l’État a été
et reste déterminant dans ce secteur. Agence
fédérale, la NASA est le maître d’œuvre des
programmes spatiaux dont elle assure le financement.
Celui-ci représente le quart des dépenses publiques
de recherche-développement. Les États-Unis ont
aujourd’hui perdu le monopole des lanceurs de
satellites, suite à la concurrence de l’Europe (fusée
Ariane), de la Russie, et, plus récemment, de la
Chine et du Japon.
Grande
puissance militaire, les États-Unis possèdent
également un très important secteur de l’armement,
résultat de la course aux armements classiques et
nucléaires lancée durant la guerre froide, face à
l’URSS. Les dépenses militaires engagées par l’État
sont en baisse mais restent considérables. Elles
jouent un rôle déterminant dans l’économie et dans
le commerce extérieur (exportations d’armes). Les
industries de l’armement sont assez dispersées. Les
firmes travaillent en étroite coopération avec le
ministère de la Défense, dans le cadre d’un
véritable « complexe militaro-industriel », qui,
depuis 1940, représente une des composantes de base
de l’économie du pays.
Secteur
tertiaire
L’économie américaine connaît, depuis plusieurs
décennies, une tertiarisation croissante de ses
activités. On parle aujourd’hui d’économie et de
société post-industrielles, dominées par les
services et les activités de consommation destinés à
satisfaire les besoins d’une population à revenus
élevés. Celles-ci caractérisent les pays riches les
plus développés. Ainsi, en 1995, 73,3 p. 100 de la
population active était employée dans les activités
de services : fonction publique (22 p. 100 des
emplois tertiaires), services administratifs et
financiers des entreprises, défense, recherche,
commerces et grande distribution (31 p. 100 des
emplois tertiaires), transports et communications,
tourisme et loisirs, banques, culture, activités
juridiques et paramédicales, services à domiciles,
etc. En 2000, 73 p. 100 du PIB étaient réalisés par
le secteur tertiaire. Celui-ci représente, en valeur,
30 p. 100 des exportations américaines. Les
États-Unis sont en effet le premier exportateur
mondial de services. Ainsi, en 1992, les sociétés de
services ont dégagé un excédent commercial de
59 milliards de dollars. Parmi les géants mondiaux
figurent American Express, Mac Donald’s ou encore
Walt Disney.
Secteur
tertiaire - Transports
Les États-Unis possèdent l’une des populations
les plus mobiles du monde et un trafic de
marchandises supérieur à 3 milliards de t. Au début
des années 1990, les chemins de fer assuraient près
de 37,3 p. 100 du fret total, les camions
25,3 p. 100, les oléoducs 21,2 p. 100, les voies
navigables internes 15,8 p. 100 et l’aviation
seulement 0,4 p. 100. Le trafic passager annuel
était assuré à 81 p. 100 par les voitures
individuelles, à 17,2 p. 100 par les compagnies
aériennes, à 1,1 p. 100 par les lignes d’autocars et
à seulement 0,6 p. 100 par les trains de voyageurs.
Le
développement des infrastructures de transport fut
une étape fondamentale du développement des
États-Unis. Les voies navigables naturelles, ainsi
que de vagues pistes, constituèrent les premières
voies de circulation. Au cours de la première moitié
du
XVIIIe siècle,
de nombreux canaux furent construits pour relier les
Grands Lacs et les fleuves navigables de l’est des
États-Unis. Les chemins de fer à vapeur commencèrent
à circuler à partir de 1829. La première voie ferrée
transcontinentale fut construite entre 1862 et 1869
par les sociétés Union Pacific et Central Pacific,
avec l’aide du gouvernement fédéral. Les
transcontinentaux furent le principal moyen de
transport utilisé par les colons européens partant
pour l’Ouest à la fin du
XIXe siècle.
Le réseau ferré s’étend aujourd’hui sur 330 000 km.
L’automobile
et les routes se développèrent dans la première
moitié du
XXe siècle.
Le réseau routier des États-Unis est aujourd’hui le
premier du monde (6,30 millions de kilomètres en
1999). En 1956, le gouvernement fédéral a lancé un
vaste programme autoroutier, le National Interstate
Highway System. Le pays compte aujourd’hui 80 000 km
d’autoroutes. Il possède le premier parc automobile
du monde (145 millions de voitures particulières
soit 1 voiture pour 1,7 habitant). Près de 55 p. 100
des ménages ont au moins deux voitures.
Le transport
aérien se développa après la Première Guerre
mondiale, mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre
mondiale que l’avion devint l’un des principaux
modes de transport. Depuis les années soixante,
l’essentiel des relations interurbaines est assuré
par un réseau complexe de lignes aériennes qui,
depuis la déréglementation, proposent des tarifs
concurrentiels. Cet essor des transports aériens a
entraîné la création de gigantesques aéroports ou
hubs (Chicago-O’Hare International Airport ;
Dallas-Fort Worth ; John F. Kennedy International
Airport et La Guardia Airport, à New York ;
Hartsfield International Airport à Atlanta). Ainsi,
6 des 10 premiers complexes aéroportuaires mondiaux
se trouvent aux États-Unis. Celui de Chicago
(Chicago-O’Hare, Midway) détient le plus fort trafic
aérien du monde.
Les
transports par voies d’eau (41 000 km), notamment
par les Grands Lacs et la voie maritime du
Saint-Laurent (ouverte en 1959), par l’ensemble
Mississippi-Ohio et par les grands canaux du
Nord-Est, jouent un rôle de premier plan. Le trafic
est particulièrement intense sur les Grands Lacs,
véritable mer intérieure, reliés par plusieurs
canaux, notamment le canal Érié (construit en 1825,
long de 547 km) et le canal de Sault-Sainte-Marie.
Le long des côtes du golfe du Mexique, les lagunes
isolées en arrière des cordons littoraux ont été
aménagées pour former une grande voie navigable, la
Gulf Intracoastal Waterway. Celle-ci longe le
littoral depuis le Texas jusqu’en Floride et joue un
rôle économique important. Les plus grands ports
fluviaux et maritimes sont La Nouvelle-Orléans (Louisiane),
New York, Houston, Valdez (Alaska), Baton Rouge (Louisiane),
Corpus Christi (Texas), Long Beach (Californie),
Hampton Roads (Virginie), Tampa (Floride), Seattle
(Washington) et Los Angeles (Californie).
Secteur
tertiaire - Secteur financier
La monnaie américaine est le dollar US
(divisible en 100 cents). La suprématie monétaire
des États-Unis s’appuie sur l’hégémonie du dollar
dans le monde. Une grande partie des règlements
internationaux s’effectuent dans cette devise. En
1993, les actifs américains atteignaient
1 130 milliards de dollars. En 1991, les États-Unis
possédaient 11 920 banques, dont les actifs
atteignaient 3 430 milliards de dollars. La Réserve
fédérale est la banque centrale du pays. Toutes les
banques nationales lui sont affiliées. Le marché
financier international est dominé par cinq grandes
banques d’affaires américaines, les « Golden
Banks ». En 1994, les holdings bancaires les plus
riches étaient Citicorp, Chemical Banking Corp.,
J. P. Morgan. Voir aussi Banque ; Finance ;
Monnaie. Les États-Unis possèdent, avec New York, la
première place financière et commerciale de la
planète. La Bourse de New York (Wall Street) reste
la première du monde tandis que Chicago s’impose
comme le centre international des marchés à terme.
Secteur
tertiaire - Télécommunications
Les États-Unis possèdent un réseau de médias et
de télécommunications parmi les plus développés au
monde. Sept compagnies régionales sont nées, en
1984, du démantèlement du géant des
télécommunications américaines, l’American Telephone
and Telegraph (ATT) qui, grâce à une concession de
service public, jouissait d’un quasi-monopole. En
1995, quatre entreprises américaines se classaient
parmi les dix premiers opérateurs mondiaux (ATT,
GTE, Southern Bell, MCI Communications). Elles
prennent une part active à la guerre des réseaux
électroniques qui constituent, de nos jours,
l’élément moteur des échanges mondiaux
d’informations. Les États-Unis ont pris aujourd’hui
une grande avance dans le domaine de la télévision
numérique et des autoroutes de l’information (voir
Internet), à l’image des deux géants américains
Time Warner et Viacom, premiers groupes multimédias
du monde. Ils ont été les fervents artisans d’une
déréglementation internationale des
télécommunications.
Secteur
tertiaire - Tourisme
Le tourisme est une activité très importante aux
États-Unis. Ce secteur emploie 9 millions de
personnes. En 1999, les recettes touristiques se
sont élevées à 60 milliards de dollars. Bénéficiant
d’un patrimoine naturel et culturel remarquable, les
États-Unis ont investi dans de très importants
aménagements touristiques (stations de sports
d’hiver, stations balnéaires, parcs d’attractions,
etc.). Le loisir organisé y est particulièrement
développé. Le tourisme draine une clientèle
considérable : 140 millions d’Américains et
plusieurs dizaines de millions d’étrangers (en
provenance d’Europe occidentale, du Canada, du Japon,
d’Amérique latine et des Caraïbes). Il constitue
l’un des piliers de l’économie de la Californie, du
Nevada, de la Floride ou encore d’Hawaii. Les
principales destinations touristiques sont New York,
la Californie, la Floride, le Nevada (Las Vegas) et
les grands parcs nationaux des montagnes Rocheuses
et des Appalaches (Great Smoky Mountains, Zion
Canyon, Monument Valley, Mesa Verde, Grand Canyon,
Yellowstone). Disneyworld (Floride) et Disneyland (Californie)
sont les parcs d’attractions les plus célèbres des
États-Unis.
Secteur
tertiaire - Industrie cinématographique
Les États-Unis jouissent d’une véritable
hégémonie dans le domaine de la production
cinématographique et télévisuelle. Spécialisée dans
la réalisation de films grand public, de
superproductions et de séries télévisées bon marché,
l’industrie cinématographique américaine alimente
60 p. 100 des exportations mondiales. L’essentiel de
la production est assuré par les grands réseaux
télévisés (ABC, NBC, etc.) et, surtout, par quelques
grands studios de cinéma (Hollywood), aux mains de
groupes industriels puissants (les Majors) :
Metro Goldwyn Mayer (MGM), Paramount (rachetée par
Viacom), Columbia (rachetée par le japonais Sony en
1989), Warner Bros (WB, aujourd’hui Time Warner),
United Artists, Walt Disney, Twentieth Century Fox,
etc. La suprématie américaine s’affirme également
dans les secteurs de la publicité et les agences de
presses (Associated Press, United Press).
Commerce
extérieur
Les États-Unis sont la première nation
commerciale du monde avec, au début des années 1990,
un montant de plus de 979 milliards de dollars de
marchandises vendues. Toutefois, le pays est victime
d’un déficit chronique de sa balance commerciale et
de sa balance des paiements. En 1995, la balance des
paiements a été déficitaire de 169,6 milliards de
dollars.
Le montant
total des exportations de marchandises, en 2001,
s’élevait à 666 milliards de dollars. En 1996, les
produits agricoles (riz, céréales, coton, soja,
tabac) représentaient 3,1 p. 100 de la valeur des
exportations et les produits manufacturés (machines,
équipements de transport, textiles, produits
chimiques, cigarettes), 81 p. 100. Les principaux
clients des États-Unis sont l’Union européenne
(21,2 p. 100 des exportations), l’Amérique latine
(18 p. 100), le Canada et le Mexique (29,6 p. 100),
l’Asie (33,8 p. 100), dont le Japon (11 p. 100).
Le montant
total des importations s’élevait en 2001 à
1 180 milliards de dollars. En 1994, les produits
agricoles (produits tropicaux, caoutchouc naturel,
sucre) représentaient 7,3 p. 100 de la valeur des
importations, les produits miniers et énergétiques (pétrole,
aluminium, étain, manganèse), 9,8 p. 100 et les
produits manufacturés, 79 p. 100. Les principaux
fournisseurs des États-Unis sont l’Asie (43,3 p. 100
des importations), dont le Japon (16,6 p. 100), le
Mexique et le Canada (27,8 p. 100) et l’Europe
(17,7 p. 100).
Les
principaux partenaires commerciaux des États-Unis en
Europe sont la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Mais
la part de l’Europe dans les échanges commerciaux
des États-Unis ne cesse de décliner, au profit des
pays de l’aire Asie-Pacifique. Ainsi, le
déséquilibre commercial est particulièrement grave
avec l’Asie et le Japon. |